France - Ils nous veulent précaires – nous serons inflexibles

Journée d’action européenne pour le droit au chômage

21 / 10 / 2014

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Les gouvernements européens ont trouvé une réponse à « la crise » : la chasse aux  pauvres. 

En France, le gouvernement socialiste a déjà donné son agrément à une convention sur l’assurance chômage qui prévoit de faire 2 milliards d’euros d’économies sur le dos des chômeurs. En Italie, Matteo Renzi a concocté un Jobs Act qui impose la précarité comme norme sociale. En Belgique, des milliers de travailleurs hors emploi seront exclus du système d’allocation chômage au 1er janvier 2015, tandis que la réforme du « statut de l’artiste » précarise le secteur de la culture. En Allemagne, la réforme du dispositif Hartz veut empêcher toute résistance contre l’arbitraire des décisions administratives. Au Portugal, depuis les restrictions d’accès au droit de 2011, 8 chômeurs sur 10 ne sont plus indemnisés. En Espagne, 92% des nouveaux emplois sont des boulots précaires et sous-payés. 

On voit que s’ils mènent une guerre contre les chômeurs, c’est pour attaquer l’ensemble des salariés. 

Depuis que Tony Blair a imposé le travail forcé aux chômeurs selon les règles du workfare, que ce modèle a été affiné par la sociale-démocratie allemande, on sait comment une réforme de l’assurance chômage est un levier pour déréguler le marché du travail et provoquer une baisse des salaires. On sait aussi comment des partis de gauche peuvent se faire moteurs dans l’exécution de l’agenda néo-libéral. 

Des allocations chômage toujours plus basses, des dispositifs de contrôle toujours plus autoritaires  visent à faire accepter n’importe quel boulot à n’importe quel salaire, voire sans salaire du tout. A l’horizon, le modèle allemand du plein emploi précaire et sous-payé : en Allemagne, un taux de chômage à 5,4%, mais 25% de travailleurs pauvres, une espérance de vie en recul, le record d’Europe des inégalités. Depuis les lois Hartz, le salaire réel y a baissé de plus de 4%. 

Prenant prétexte de la crise pour reprocher aux pauvres « de vivre au-dessus de leurs moyens », alors qu’eux-mêmes se livrent à une évasion fiscale massive, les oligarques dictent leurs lois selon un processus bien réglé : campagne de stigmatisation (« ils ne cherchent pas de travail », « il faut contrôler »), suivie de mesures de baisse ou de suppression des allocations. Le tout est accompagnée de harcèlement bureaucratique et de politiques d’activation qui forcent à accepter des boulots de plus en plus sous-payés : mini-jobs à l’allemande, contrats 0 heure à l’anglaise, et bientôt l’apprentissage en dessous du SMIC pour les chômeurs de longue durée, chantier en cours du gouvernement français. 

Leur premier objectif, c’est l’attaque de tout ce qui protège les salariés face à leur employeur (code du travail, salaire minimum, Prudhommes, conventions collectives). Leur second objectif, c’est que la gestion du chômage devienne un marché juteux pour le secteur des assurances, comme il l’est déjà pour les agences d’intérim et pour les firmes spécialisées dans la formation à des emplois qui n’existent pas. 

Aujourd’hui 14 novembre, des actions et des grèves ont lieu dans toute l’Europe pour stopper le rouleau compresseur néo-libéral. Aujourd’hui nous nous battons pour que tous les chômeurs soient indemnisés, nous nous battons pour défendre le principe d’une assurance chômage mutualiste. Aujourd’hui nous affirmons le droit à une continuité de revenu face à la discontinuité de l’emploi. Aujourd’hui nous rappelons le droit de chacun à de vrais moyens d’existence. 

Nous voulons nous battre pour une autre société que celle de la pauvreté et de la précarité de masse. Nous voulons une solidarité permettant de vivre au présent et de penser le futur. 

No Jobs – Let’s Act !     

Coordination des Intermittents et des Précaires – Île de France

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